Passée de l’économie à l’éthique, j’ai migré de la quête de la performance à celle du sens et de la place de l’autre. Puis mon histoire personnelle de maladie, chute, rechutes, traitements, lutte, abandon, ont transformé en travaux pratiques les positions théoriques de ma thèse sur la construction de l’altérité. Aujourd’hui, je suis spécialisée en éthique managériale et je ne conçois pas mes cours pour les futurs décideurs autrement que comme un travail de développement de leur propre humanité. Exit la normativité et la déontologie. Nous parlons plutôt de compassion pour soi et les autres, tout en tentant de prendre conscience de la manière dont les dispositifs de gestion influent sur le jugement moral des employés et rendent possibles fraudes ou crimes. Pour étayer ce pan de mon enseignement, je travaille sur le caractère organisé des génocides du XXe siècle et les mécanismes et outils de gestion mis en place pour les perpétrer.

